par Dominique Boisvert
Identifier les bases sur lesquelles se maintient l'hégémonie économique actuelle permet d'apercevoir aussi quels en sont les maillons faibles. Tout pouvoir repose sur un consentement. Si nous lui retirions notre adhésion, ce Goliath moderne ne risquerait-il pas de rencontrer à nouveau son David?
Tout a commencé par la lecture d'un livre au titre bizarre: La guerre civilisée, de Gene Sharp. Il est vrai que le sous-titre disait déjà mieux de quoi il s'agissait: "la défense par actions civiles", traduction du concept plus répandu sous son appellation anglaise de "Civilian-Based Defense".
Dans ce livre, publié en anglais en 1990, traduit en neuf langues et dont la traduction française ne date que de 1995, Sharp étudie de manière systématique comment la défense d'un pays peut être assurée, aussi efficacement que par les moyens militaires traditionnels et à bien meilleur coût, grâce à l'implication des citoyens et essentiellement par des moyens non violents. Il ne se contente pas d'en étudier les possibilités futures; il montre aussi comment ces méthodes ont déjà été appliquées avec succès, malgré des moyens souvent embryonnaires et une organisation relativement improvisée, dans une foule de situations et de pays, tout au long du XXe siècle.
Quel est donc le rapport entre La guerre civilisée et la rupture? C'est que pour mieux comprendre les mécanismes de la défense par actions civiles, Sharp consacre tout un chapitre à étudier "les sources du pouvoir". Pour vaincre un adversaire, il importe de comprendre comment fonctionne son pouvoir afin d'en identifier les maillons faibles.
Les sources du pouvoir
On définit ici le pouvoir politique comme "l'ensemble des formes d'influence et de pression et, notamment, les sanctions ou mesures punitives dont on peut user, disponibles pour fixer et mettre en oeuvre les règles d'une société politique" (p. 37). Or, le pouvoir des "gouvernants" ne leur est pas inné ni intrinsèque. "En fait, ils ne peuvent utiliser ce pouvoir que dans la mesure où on les laisse en disposer" (idem). Cette analyse du pouvoir "politique" peut s'étendre, pour l'essentiel, à tout pouvoir social, qu'il soit économique, culturel, religieux, répressif, etc. Pour Gene Sharp, le pouvoir repose toujours sur un certain nombre d'éléments de base: l'autorité, l'adhésion, les compétences et la connaissance, un certain nombre de facteurs intangibles (comme des facteurs psychologiques et idéologiques, les émotions et les croyances), les moyens matériels et, finalement, les sanctions (pp. 39-40).
Quand on analyse chaque élément de plus près, on constate que tous ces facteurs dépendent, pour l'essentiel, de l'attitude des "gouvernés" à leur égard. Car non seulement l'autorité du "gouvernant" est évidemment fonction de la plus ou moins grande adhésion des "gouvernés", mais même les compétences, les connaissances, les moyens matériels et la capacité de sanction des dirigeants ne leur appartiennent pas en propre; ils dépendent, pour la plus large part, de la collaboration plus ou moins étroite d'un grand nombre d'intermédiaires et des "gouvernés" eux-mêmes. Ce qui permet à Sharp de conclure que "le gouvernant dépend du gouverné". Ce que Gandhi résumait ainsi: "Le gouvernement n'a aucun pouvoir en dehors de la coopération volontaire ou forcée du peuple. La force qu'il exerce, c'est notre peuple qui la lui donne entièrement" (La jeune Inde, 1948).
Bref, tout pouvoir dépend, pour l'essentiel, de l'adhésion plus ou moins grande et collective que les "gouvernés" accordent, consciemment ou inconsciemment, de façon tacite ou explicite, volontaire ou non, à ceux qui détiennent ce pouvoir. Il suffit, pour miner ce pouvoir de l'intérieur jusqu'à le faire céder, d'être suffisamment nombreux et déterminés à lui retirer toute forme de collaboration, d'adhésion ou de soumission. Cette constatation est au fondement même de la "défense par actions civiles" et de toute stratégie d'action non violente.
Cela peut s'appliquer, à mon avis, dans la lutte contre l'oppression économique que constitue l'actuelle hégémonie néo-libérale, tant au niveau de la plupart des pays qu'au niveau international. Car le pouvoir économique repose, lui aussi, essentiellement sur notre adhésion collective, même quand celle-ci prend la forme d'une soumission plus ou moins résignée.
Utopie? Sharp rappelle que "la plupart des gens trouvent étrange, voire absurde, l'idée qu'une population puisse - sans armées, sans chars ni avions, sans bombes ni missiles - renverser une dictature, réduire à l'impuissance des armées d'invasion, empêcher une prise de pouvoir contraire à la constitution et vaincre des agresseurs. Cette idée n'est pourtant pas plus étrange que celle qu'eurent une poignée de scientifiques dans les années trente, lorsqu'ils émirent l'hypothèse que des particules de matière qu'on n'avait encore jamais vues, les atomes, recelaient une puissance extraordinaire que l'on pouvait capter pour produire une capacité explosive sans précédent dans l'histoire humaine. L'exactitude de cette idée semble évidente de nos jours mais, en 1939, la plupart des gens ayant un peu de sens commun l'auraient rejetée" (p. 35).
Et pourtant, à cause de la guerre, on a consacré des ressources considérables, en argent comme en cerveaux et en recherche, pour vérifier cette hypothèse peu vraisemblable et tenter de la rendre opérationnelle. Avec les résultats durables que l'on sait, non seulement au plan militaire, mais dans ses applications civiles ultérieures.
Si une hypothèse dévastatrice entièrement inédite comme la bombe atomique a pu susciter une telle mobilisation des ressources et donner de tels résultats, combien plus l'hypothèse de la mobilisation civile comme moyen de défense mérite-t-elle d'être fouillée et expérimentée! Non seulement son potentiel est infiniment moins dévastateur et plus humain, mais cette "hypothèse" a l'avantage de centaines d'expérimentations partielles et prometteuses, dans toutes sortes de situations et de cultures.
Notre adhésion
au néo-libéralisme
S'il est vrai que le pouvoir économique repose essentiellement, comme tout pouvoir, sur l'adhésion du plus grand nombre, qu'arriverait-il donc si nous retirions notre consentement? Et, surtout, comment cela pourrait-il se faire? Pour y répondre, il faut d'abord examiner comment notre adhésion se traduit concrètement, dans le fonctionnement actuel de notre économie de marché.
- L'autorité. En reprenant les diverses sources du pouvoir proposées par Gene Sharp, constatons d'abord que l'autorité des pouvoirs financiers et économiques est devenue énorme. Nous accordons collectivement beaucoup de crédibilité à tous les "gourous" économiques qui dictent les cotes de crédit et les budgets de nos gouvernements, les politiques monétaires des banques et même nos propres planifications financières... pour la retraite!
La toute première tâche, pour retirer notre consentement, consistera donc à délégitimer l'"autorité" des experts financiers, à refuser de nous plier aveuglément à leurs diktats, à leur rappeler que toute économie qui n'est pas au service de l'humain perd son sens. Mais contester l'autorité du pouvoir économique, c'est d'abord dans chacune de nos têtes et de nos vies que ça se passe. Car nous avons presque tous fini par adopter, à des degrés divers, la plus grande partie du credo capitaliste: du caractère absolu et sacré de la propriété privée, jusqu'à la priorité de la lutte à la dette et au déficit (dont personne ne parlait, il y a cinq ou six ans à peine!), en passant par la croyance en la croissance illimitée de la société de consommation.
- L'adhésion. La seconde source du pouvoir, c'est l'adhésion. C'est le coeur même du problème, là où nous aurons le plus de chemin à faire! Car, il faut bien l'avouer, même si plusieurs contestent, à l'occasion, l'un ou l'autre aspect de l'"autorité" de l'économie, bien peu d'entre nous ont choisi de retirer leur adhésion au système. Nous sommes tous partie prenante, même à notre corps défendant, de cette économie qui nous broie et que nous dénonçons par ailleurs. Nous alimentons nous-mêmes le monstre qui nous dévore.
L'un des exemples le plus terrible de cette contradiction, ce sont les fonds de pension des travailleurs syndiqués investissant dans des placements qui, au nom de meilleurs rendements, exigent des entreprises qu'elles "rationalisent" et suppriment des emplois de travailleurs syndiqués: pour s'assurer une meilleure retraite plus tard, on contribue à supprimer nos propres emplois maintenant!
On pourrait multiplier les exemples: on regrette le remplacement des magasins de quartier par les grandes surfaces, mais on magasine chez Wall Mart parce que c'est meilleur marché; on dénonce la pollution atmosphérique et le trou dans la couche d'ozone, mais on défend la "nécessité" de l'automobile privée; on souhaite du travail pour tous, mais on fait appel aux technologies de pointe qui remplacent le travail manuel, on achète de l'étranger à meilleur coût, on utilise les guichets automatiques, etc.
Il ne s'agit pas ici de culpabiliser personne. Nous sommes tous imbriqués dans une société complexe, où l'économie rejoint le moindre de nos gestes. Mais nous devons devenir conscients des implications économiques de nos choix et tenter, autant que possible, de développer une meilleure cohérence entre nos options sociales et nos comportements économiques quotidiens. Cette conscience est l'étape préalable de tout retrait possible de notre adhésion au système.
D'ailleurs cette adhésion se manifeste tout autant par le silence, la passivité et l'indifférence. Comme le montre Viviane Forrester, dans L'horreur économique, nous préférons souvent ne pas voir les problèmes: comme si l'aveuglement plus ou moins volontaire pouvait chasser sinon les problèmes (c'est la pensée magique des enfants), du moins la (mauvaise) conscience de ceux-ci. Le système oppressif s'installe donc subrepticement avec notre silence, y compris très souvent celui des victimes, ce qu'elle décrit ailleurs comme "la violence du calme".
- Compétence et connaissances. La troisième source du pouvoir, c'est la compétence et les connaissances. Les économistes ont développé tout un appareil conceptuel, des outils de mesure et un jargon professionnel devenus encore plus complexes, dans le contexte d'une économie mondialisée. Il est grand temps de démystifier tout cela. D'abord parce que l'économie est probablement la science la moins "exacte" et que, si les économistes étaient notés sur la justesse de leurs prévisions, bien peu obtiendraient la note de passage!
Sans vouloir nier toute validité à l'analyse économique, force est de constater qu'une large partie de cette "science" consiste à spéculer sur ce qui va se produire si... Bref, "à parier sur les paris des autres", comme le rappelle le milliardaire Georges Soros. C'est ainsi qu'on essaie de prévoir la reprise de l'économie, les rentrées fiscales, le comportement des consommateurs, la fluctuation des prix des matières premières ou des taux d'intérêts, etc. On est loin de l'assurance avec laquelle nos dirigeants nous présentent leurs options et leurs choix comme des dogmes: lutte au déficit ou à l'inflation, bienfaits de la privatisation et de la concurrence, etc.
Il existe aussi d'excellents économistes qui ont choisi de mettre leur savoir au service du plus grand nombre. Comme dans la plupart des sciences, le savoir n'est jamais neutre et il se développe différemment selon les objectifs que l'on poursuit et les intérêts que l'on sert. Affaiblir cette source du pouvoir, c'est donc à la fois apprendre à relativiser cette compétence économique qu'on nous présente le plus souvent comme un absolu, et recourir davantage à l'expertise économique de ceux qui refusent les seules lois du profit et de la concurrence.
- Les facteurs intangibles. Une autre source du pouvoir est celle des facteurs intangibles, c'est-à-dire les facteurs psychologiques et idéologiques qui renforcent ou affaiblissent notre soutien à celui-ci. Cela pourrait se traduire ici par les habitudes liées à la société de consommation et par la dépendance que nous avons développée à l'égard de celle-ci. Il est indéniable que nous vivons collectivement, en Occident, dans une société d'abondance où même les pauvres ont beaucoup... à perdre.
Nous avons atteint, comme société, un niveau de "développement" qui a haussé considérablement les standards de ce qui est "normal", "nécessaire" ou "requis" pour tous les citoyens: droits individuels et collectifs, biens matériels de base, niveau de revenu minimal, etc. Loin de moi l'idée de regretter ces avancées! Mais il faut néanmoins reconnaître la dépendance que crée cette situation. Car, tant que la voiture, la télévision, le magnétoscope, les pilules ou les vêtements à la mode nous seront indispensables, nous demeurerons forcément davantage à la merci d'une économie qui nous propose/impose toujours plus de "besoins"... et de moyens de les satisfaire, même à crédit!
C'est pourquoi retirer notre consentement, dans ce domaine, passe nécessairement par une simplification de notre vie, pour réduire la dépendance psychologique et idéologique que nous avons à l'égard de notre société de consommation et pour gagner une plus grande marge de liberté, face aux pressions que l'économie exerce sur nous.
- Les moyens matériels. La cinquième source du pouvoir, ce sont les moyens matériels dont il dispose. Dans le cas de l'économie, ils sont forcément considérables. Et ces moyens financiers, contrôlés par le pouvoir économique, lui donnent aussi accès aux meilleures ressources dans tous les domaines: recherche, technologie, médias, appareil législatif et judiciaire, etc. Pour ceux qui veulent combattre "l'économie triomphante" de cette fin de siècle, il faut admettre que ce sera toujours un peu le combat de David contre Goliath.
Mais c'est David qui a gagné! Car il est une chose importante que le pouvoir n'a pas: le nombre. Ceux qui contrôlent l'économie sont peu nombreux; ceux qui en souffrent sont multitude. Un peu comme les Blancs, en Afrique du Sud, contrôlaient presque tous les moyens et les ressources, tandis que les Noirs avaient pour eux le nombre, la détermination et le bon droit: l'issue était inévitable. Tout ce que les Blancs pouvaient gagner, c'était du temps! Par contre, le pouvoir économique a un avantage considérable sur les Blancs afrikaners: il distribue juste assez de richesse, de bien-être ou de dépendance pour que tout le monde ait quelque chose à perdre; et il espère que ce sera suffisant pour empêcher toute contestation sérieuse. Retirer notre adhésion, à ce niveau, ce n'est donc pas rivaliser au niveau de ses moyens matériels, mais plutôt jouer d'astuce, comme David, et surtout gagner des alliés, puisque notre force réside dans le nombre.
- Les sanctions. Enfin, la dernière source du pouvoir réside dans sa capacité d'imposer des sanctions, dans sa force de répression. À ce niveau, le pouvoir économique peut sembler tenir tout le monde à la gorge: pas d'argent, pas de toit, de bouffe, de vêtements, de loisirs, de... crédit, etc.! Et pourtant non! Car il est possible, surtout dans notre société d'abondance, de vivre convenablement - mais plus simplement, j'en conviens - avec relativement peu d'argent: on peut profiter des formules collectives d'habitation (coopératives, copropriété, logement social, partage de logement), manger aussi bien à moins cher (cuisines collectives, jardin individuel ou communautaire, moins de fast-food ou de nourriture préfabriquée, etc.), être très bien habillé, mais moins à la mode (en faisant de la couture, en achetant dans les bazars, en échangeant des vêtements), profiter des nombreuses activités de loisirs offertes gratuitement dans les municipalités, bibliothèques, maisons de la culture, ou dans les multiples festivals commandités, etc.
En fait, le plus grand pouvoir de sanction de l'économie réside dans le coût du crédit (les fameux taux d'intérêts, plus ou moins usuriers, des banques, agences de crédits ou carrément des "shylocks") et, paradoxalement, dans la... publicité (c'est-à-dire ce qui nous crée les besoins que nous devons ensuite satisfaire par le crédit). Même si nous vivons officiellement dans les sociétés les plus libres du monde (!), le pouvoir économique réussit subtilement, mais de manière terriblement efficace, à nous convaincre que pour vivre et être heureux, nous devons absolument avoir tout ce qu'on veut nous vendre. Et pour nous permettre de l'avoir, et de l'avoir tout de suite, on nous prête ce qu'il nous manque: "achetez maintenant, payez plus tard!"
Or, rien ne nous y oblige. Et même quand on est entré dans le terrible engrenage de l'endettement, qui prend l'argent des pauvres pour enrichir les riches (comme dans la dette du tiers monde), il est possible de résister aux sanctions du pouvoir économique: ultimement, par la faillite personnelle ou commerciale, mais de manière beaucoup plus intéressante, par la résistance collective aux créanciers, comme on a commencé à le faire au Mexique, suite à la crise du peso, dans le mouvement El Barzon qui regroupe plus d'un million de membres.
Rompre avec le néo-libéralisme
On peut rompre avec le pouvoir économique. Ce n'est ni simple ni facile, mais c'est possible. Mais à certaines conditions...
D'abord, il faut devenir conscient de nos multiples participations et adhésions à ce pouvoir. Car, comme me le disait mon frère, il est bien difficile de "retirer son consentement" si on n'a même pas conscience de celui-ci!
Ensuite, il faut vouloir rompre. Ce qui peut paraître évident, mais qui ne l'est pas du tout. Car entre souhaiter vaguement le meilleur (tout le monde est pour la vertu et contre le vice!) et vouloir faire ce qui est nécessaire pour l'obtenir, il y a une marge capitale qu'il faut reconnaître... et franchir.
Il faut ensuite faire les recherches et les expérimentations nécessaires pour passer d'un modèle théorique prometteur aux réalisations d'abord partielles, puis graduellement plus concluantes. Comme pour la bombe atomique!
De plus, il faut mener de front les prises de conscience et les actions concrètes à la fois personnelles et collectives: car, dans ce domaine encore peu exploré, il faudra toujours des visionnaires qui expérimentent et des leaders qui savent expliquer, convaincre et mobiliser. On ne doit pas attendre que tout le monde soit d'accord, ou que "l'autre" agisse le premier, avant de faire soi-même les choix concrets qui s'imposent; mais on ne pourra pas non plus influer significativement sur le modèle économique actuel tant que les choix personnels conséquents ne seront pas suffisamment nombreux et concertés sur le plan collectif. Il ne s'agit pas simplement ici de trouver les moyens de l'agir individuel éthique ou moral. Il s'agit de chercher les moyens d'une action politique efficace, pour soi et le plus grand nombre.
Enfin, il faut accepter que les ruptures devront être nombreuses, variées, partielles et persévérantes pour atteindre l'objectif visé. Car le pouvoir économique, de son côté, a tout le temps pour lui. Seule une contestation patiente, systématique, nombreuse et résolue pourra venir à bout d'adversaires qui ont pour eux la force mais pas la justice, comme le démontre bien l'histoire des luttes sociales et politiques, et particulièrement celles qui ont été menées avec les armes de la non-violence.
Référence : Boisvert, Dominique, "Et si nous retirions notre consentement...", Relations, septembre 1997 (633), p. 201-204.
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25 février 2003