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La participation active des laïcs par Gilles Routhier et Marco Veilleux |
Ainsi, à l’échelon local, les laïcs peuvent se faire élire au Conseil des affaires économiques (Conseil de fabrique), chargé de seconder le curé dans l’administration des biens de la paroisse. Le Conseil de pastorale (CPP) est une autre structure importante où les grandes orientations paroissiales peuvent être débattues. Divers autres comités (chargés de la liturgie, de la visite des malades, de l’accueil des nouveaux résidents, de la justice sociale, etc.) peuvent aussi être mis en place pour favoriser la participation effective des baptisés à la vie de leur communauté chrétienne. En outre, mentionnons l’existence de conseils d’unité paroissiale et de conseils de région.
Sur le plan diocésain, chaque évêque est invité à se doter d’un conseil de pastorale. Le droit de l’Église indique que la désignation de ses membres – qui peut se faire par nomination ou élection – doit assurer une véritable « représentativité » de la diversité des fidèles vivant dans le diocèse. Leur mandat est « d’étudier, d’évaluer et de proposer » toute chose relative à l’activité pastorale du diocèse (cf. canons 511-512). Périodiquement, un synode diocésain (assemblée constituée de délégués des prêtres, des religieux et des laïcs) peut également être convoqué. Celui-ci procède généralement à de vastes consultations et sa préparation peut s’étendre sur quelques années. Puis, réunis en synode sous la présidence de l’évêque, les délégués délibèrent et votent des recommandations pastorales à long terme. L’assemblée synodale n’étant toutefois pas souveraine, il revient à l’évêque d’en promulguer ou non les décisions.
Une multitude d’autres instances de concertation peuvent aussi être mises en place dans chaque diocèse, au niveau interdiocésain ou encore à l’échelon des conférences épiscopales (organes de coordination des évêques d’un territoire ou d’une nation). Entre autres exemples, pensons à un conseil des laïcs ou à un conseil des religieux et membres d’instituts séculiers; à une commission justice et paix ou à une commission jeunesse; à un comité des affaires sociales ou à un comité d’art sacré. La créativité n’est pas limitée par le droit! Ainsi, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec s’est dotée, depuis plusieurs années, d’un Comité de prospective qui rassemble des leaders d’opinion issus des grands secteurs sociaux. Elle reconnaît également comme interlocuteur un réseau de répondantes diocésaines à la condition des femmes. Des diocèses lancent régulièrement des chantiers de consultation et de réflexion auxquels les baptisés sont conviés. La Conférence des évêques catholiques du Canada a d’ailleurs tenu un tel chantier, en 1987, afin de préparer les évêques et les personnes laïques qu’elle déléguait au Synode romain – qui, cette année-là, portait précisément sur les laïcs. Dans ce vaste portrait pourtant non exhaustif, n’oublions pas non plus les divers regroupements d’agentes et d’agents de pastorale, de même que les multiples associations et groupes d’actions autonomes de laïcs.
Bien sûr, dans la plupart de ces instances nées dans le sillage de Vatican II, les laïcs n’ont que voix consultative. Et, hormis les conseils de fabrique dont les membres laïcs sont obligatoirement élus par l’Assemblée paroissiale, ils font la plupart du temps l’objet de désignation par cooptation. En cela, on voit bien que l’Église catholique n’est pas une démocratie. Toutefois, en définissant l’Église comme le Peuple de Dieu rassemblé dans la communion, le Concile a fait de la « synodalité » un principe directeur de sa vie qui doit être honoré autant par les pasteurs que par les laïcs. Ce concept, qui vient du grec sun odos, évoque en effet l’idée d’un « chemin à parcourir ensemble ». Il implique une continuelle attitude d’écoute et de dialogue. Il appelle des modes d’organisation et de décision valorisant la coresponsabilité – c’est-à-dire « la participation de tous par la concertation, l’échange et la recherche de consensus » (A.É.C.Q., Vers l’expérience de la synodalité, Fides, 2000, p. 11).
Pour que cette synodalité devienne toujours plus effective dans l’Église catholique, les laïcs doivent investir de manière responsable les espaces de consultation et de participation qui leur sont accessibles depuis le Concile. Aussi imparfaites et limitées qu’elles puissent être, ces structures peuvent devenir de véritables lieux d’engagement pour toutes les personnes baptisées qui souhaitent, dans la perspective de Vatican II, contribuer à l’inculturation de la foi, au discernement des « signes des temps » et au dialogue critique entre l’Église et le monde.
Référence : Routhier, Gilles, Veilleux , Marco,« La participation active des laïcs » , Relations, janvier-février 2009 (730), p. 18-19.
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juin 2009